Prise de position du 10 novembre 2023 (actualisée le 17 janvier 2024)

L’EPER appelle à un cessez-le-feu immédiat et augmente son aide d’urgence à CHF 1 million

Dans la bande de Gaza, la population civile vit dans des conditions dramatiques. Les bombardements et les affrontements constants dans l’ensemble de la bande de Gaza ainsi que le manque de voies d’évacuation sûres et d’accès humanitaire ont entraîné une catastrophe humanitaire pour la population civile. L’EPER demande un cessez-le-feu immédiat, afin d’apporter une aide humanitaire nécessaire de toute urgence. Dans le même temps, l’EPER appelle l’ensemble des parties au conflit à respecter le droit international humanitaire. 

La crise humanitaire dans la bande de Gaza, qui est presque entièrement coupée du reste du monde, ne cesse de s’aggraver. Quelque 1,8 million de personnes ont dû fuir leur foyer pour trouver refuge ailleurs dans la bande de Gaza. Les conditions sanitaires dans les hébergements d’urgence sont extrêmement précaires. Souvent, l’accès à l’eau potable n’est pas garanti et de plus en plus de personnes souffrent de la faim, de maladies et de diarrhées. La situation est particulièrement dramatique pour les personnes vulnérables, notamment les personnes âgées et malades.  

Des dizaines de milliers de bâtiments et d’infrastructures majeures telles que des écoles, des boulangeries ou des conduites d’eau ont été détruits ou endommagés. Plus d’un tiers des hôpitaux de la bande de Gaza ont dû fermer. L’approvisionnement en denrées alimentaires, électricité, carburant, médicaments et autres biens de première nécessité est de plus en plus difficile. Les réseaux Internet et téléphonique sont régulièrement coupés, empêchant les habitant·e·s d’appeler les secours ou d’informer sur la crise traversée. 

Flüchtende aus Gaza
Keystone

Appel à un cessez-le-feu et au respect du droit international humanitaire

Afin d’offrir une protection sans condition à la population civile, et au vu de la catastrophe humanitaire sans précédent dans la bande de Gaza, un cessez-le-feu ainsi qu’un accès sûr pour l’aide humanitaire sont nécessaires de toute urgence L’EPER appelle le Conseil fédéral à plaider en ce sens au sein des instances internationales, notamment au sein du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies (ONU). Il faut empêcher que le conflit ne fasse davantage de victimes parmi les civil·e·s en Israël, à Gaza et dans les territoires occupés. L’accès à une aide vitale doit également être assuré pour toutes les personnes dans le besoin. En outre, tou·te·s les otages doivent être libérés immédiatement et sans condition.

L’EPER appelle toutes les parties au conflit à un respect sans condition du droit international humanitaire – y compris les Conventions de Genève, les protocoles y relatifs et l’ensemble des règles applicables de droit international coutumier. Elle condamne également les violations graves commises des deux côtés.  

Le droit international humanitaire oblige à protéger la population civile. Les attaques du Hamas à l’encontre de civil·e·s le 7 octobre 2023 constituaient une violation claire de cette règle, de même que les tirs de roquettes du Hamas et d’autres groupes armés, qui ne font pas la distinction entre les objets civils et les objectifs militaires. Le meurtre délibéré de civil·e·s, la prise d’otages et le traitement inhumain de personnes constituent des crimes de guerre.  

Selon le droit international humanitaire, les militaires israéliens ont des obligations claires à assumer. Ils doivent garantir que toutes les opérations militaires fassent la distinction entre les combattant·e·s et les civil·e·s, ainsi qu’entre les objectifs militaires et les biens de caractère civil. L’armée israélienne doit limiter ses attaques à des objectifs militaires. Elle est soumise à des règles strictes interdisant les attaques indiscriminées et garantissant la proportionnalité.  

Il convient de veiller à épargner la population civile et les biens de caractère civil. Toutes les mesures réalisables doivent donc être prises afin d’éviter de tuer ou de blesser des civil·e·s et d’endommager des biens de caractère civil, ou du moins de maintenir ce risque à un niveau aussi bas que possible. Aucun explosif lourd ne devrait être utilisé dans les territoires densément peuplés, car il en résulterait certainement de graves dommages pour la population civile.

Jusqu’à aujourd’hui, il n’existe aucune voie sûre ni aucun couloir humanitaire qui permettent aux civil·e·s de la bande de Gaza de fuir les violences ou aux biens de première nécessité d’être acheminés dans l’enclave palestinienne. Le droit international humanitaire garantit l’accès à l’aide humanitaire dans la zone de conflit. Israël comme le Hamas sont tenus de veiller à ce que la population civile assiégée dans la bande de Gaza puisse avoir accès aux biens de première nécessité essentiels. Le droit international humanitaire protège tout particulièrement les livraisons de biens indispensables à la survie de la population civile. Le fait d’affamer des civil·e·s comme méthode de guerre constitue également un crime de guerre. Les peines collectives aussi, c’est-à-dire lorsqu’un groupe est condamné, sanctionné ou brimé pour les actes d’autrui, sont strictement interdites par le droit international humanitaire.

La bande de Gaza subit depuis des années un blocus et sa population était déjà confrontée à une situation humanitaire extrêmement difficile bien avant la récente escalade de la violence. L’EPER est présente depuis de nombreuses années dans la région. Elle s’engage pour le dialogue et la compréhension mutuelle et soutient la population civile dans la revendication de ses droits fondamentaux. Ce travail en faveur du dialogue doit se poursuivre.  

L’EPER est donc extrêmement préoccupée par l’augmentation des discours haineux et des crimes de haine de la part des deux parties au conflit, mais aussi par l’antisémitisme existant dans de nombreux pays, qui, en Europe aussi, menace la vie des personnes juives. Dans ce contexte, tout dialogue doit être fondé sur une condamnation claire et ferme de l’antisémitisme et de toute forme de racisme. 

Aide humanitaire

Grâce à une coopération étroite avec ses organisations partenaires israéliennes et palestiniennes de longue date, sur lesquelles l’EPER peut s’appuyer, et avec les autres organisations humanitaires internationales actives dans la zone de guerre, de premières mesures d’urgence ont pu être mises en place peu après le début des combats.

Actuellement, les déplacé·e·s internes dans la bande de Gaza sont soutenus par les organisations partenaires locales de l’EPER, en collaboration avec d’autres organisations internationales, dans le carde des possibilités existantes. Les personnes ayant fui dans le sud reçoivent des colis alimentaires ou de l’argent en espèces afin de satisfaire leurs besoins de base. Des réservoirs d’eau sont installés dans les abris d’urgence et les enfants bénéficient de conseils psychosociaux et d’activités de loisirs.

Mobile Backöfen in Gaza
CIVITAS

En Cisjordanie et en Israël aussi, l’EPER appuie ses organisations partenaires dans leur travail auprès des communautés touchées par la récente escalade de la violence. En Égypte, l’œuvre d’entraide se prépare à acheminer dès que possible des biens de première nécessité vers Gaza via le point de passage de Rafah. D’autres projets dans la bande de Gaza, en Cisjordanie et en Israël sont en cours de planification et l’EPER observe avec une profonde inquiétude l’évolution de la situation à la frontière israélo-libanaise.

Actuellement, l’aide humanitaire n’est possible que de manière limitée et dans des conditions extrêmement difficiles. L’EPER est profondément inquiète pour la sécurité de son personnel et de celui de ses organisations partenaires dans la bande de Gaza, car le sud de l’enclave, où les déplacé·e·s internes ont trouvé refuge et reçoivent de l’aide, continue d’être bombardé par Israël.  

Nous déplorons la perte des deux collaboratrices et collaborateurs de nos organisations partenaires qui ont perdu la vie au cours des dernières semaines. Nos pensées vont à celles et à ceux, parmi nos organisations partenaires, qui ont perdu des proches ou des ami·e·s.  

Enfin, nous sommes profondément reconnaissants des efforts fournis par notre personnel et celui de nos organisations partenaires pour soutenir la population civile dans cette situation extrêmement difficile.

Anne Geiger de Feo
Responsable du Département Communication, Siège romand
Anne Geiger De Feo

Mobile : +41 79 454 67 02

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